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Cette rubrique rassemble une sélections des notices bibliographiques.

 

Alice Desclaux et Claude Raynaut (sous la direction de) : Le dépistage VIH et le Conseil en Afrique au sud du Sahara, Paris, Karthala, Collection "Economie et Développement", 1997, 326 p., (prix : 170 FF, port compris).

Le dépistage VIH associé au conseil est une priorité de santé publique en Afrique. Connaître son statut sérologique permet de prendre les mesures de prévention appropriées pour se protéger et protéger ses proches, et d'accéder à la prise en charge médicale et sociale qui retardera l'entrée dans la maladie et en limitera les conséquences. Mais, pour cela, le dépistage ne peut être réalisé sans "conseil". Cette pratique, nouvelle pour les professionnels, comprenant une part d'information personnalisée et un dialogue qui évaluera la situation du consultant par rapport au VIH, lui permettra de faire face à l'annonce de son statut sérologique et l'aidera à trouver un soutien auprès des services sanitaires et sociaux.

Au cours des dernières années, plusieurs pays ont créé des centres de dépistage volontaire et de conseil. Les professionnel de santé se forment à cette pratique qu'ils tentent d'insérer en consultation prénatale et prénuptiale, dans les banques de sang, en consultation MST, dans les centres antituberculeux, et dans les autres services de soin.

Un atelier international, organisé par le réseau Sociétés d'Afrique & sida et l'APRODEC à Bobo-Dioulasso (Burkina Faso) en mars 1997, a fait le point sur les expériences actuelles, menées dans une dizaine de pays africains (Congo, Sénégal, Mali, Côte-d'Ivoire, Burkina Faso, Kenya, Ouganda, Rwanda, Zimbabwe et France). Des praticiens du conseil y ont présenté leur expérience ; des professionnels de santé publique et responsables administratifs y ont discuté les stratégies ; des chercheurs en sciences sociales y ont exposé leurs analyses.

Produit d'une réflexion commune, cet ouvrage présente l' "état des lieux" des expériences et des recherches. Traitant d'aspects concrets et de questions de fond, il propose, en conclusion, une série de recommandations qui guideront la définition des stratégies pour les pays africains en matière de conseil et de dépistage VIH.

 

Laurent Vidal : Le silence et le sens. Essai d'anthropologie du sida en Afrique, Paris, Anthropos-Economica, 1996, 217 p., (prix : 175 FF)

À l'origine de cet ouvrage, un constat paradoxal : la recherche médicale et les intervenants dans le domaine du sida en Afrique sollicitent les analyses d'une anthropologie qui doit, dans le même temps, réévaluer ses méthodes et ses concepts à la lumière des caractéristiques de l'épidémie. Au terme de quatre années auprès de malades d'une métropole africaine fortement touchée par le sida (Abidjan), l'auteur se propose donc d'engager une réflexion sur la capacité de l'anthropologie à penser le malade dans ses relations sociales : qu'il s'agisse de réfléchir à la position de médiateur de l'anthropologue (du patient au médecin), de saisir les représentations que le malade se forge de son affection, de l'intervention des médecins et de l'attitude de ses proches, ou d'analyser, enfin, les choix des praticiens en matière d'annonce de la séropositivité. Inséré dans un dispositif de silence autour d'une maladie qui, plus que toute autre, pose jusqu'à son terme la question du sens (de la contamination, du rapport à autrui), l'auteur entreprend de dévoiler la richesse des réponses que chacun apporte à la maladie. Le lien qui unit ces silences à des systèmes de représentations dynamiques traduit un des défis majeurs de la vie du séropositif : maîtriser le silence afin d'accepter le sens de la maladie.

 

Paul Farmer : Sida en Haïti. La victime accusée (préface de Françoise Héritier), Paris, Karthala, 1996, 414 p., (prix : 160 FF)

Haïti et les Haïtiens ont été très tôt accusés de faire partie des responsables de l'épidémie de sida aux États-Unis. Cette accusation, issue des milieux scientifiques, a été accueillie comme une évidence que reflétait la désignation des quatre groupes, les " 4 H " : homosexuels, héroïnomanes, hémophiles, Haïtiens. Quels mécanismes ont conduit à cette stigmatisation d'un peuple et d'une société ? Paul Farmer les démonte en attaquant le problème sous plusieurs angles.

Des enquêtes minutieuses, menées dans un village haïtien, mettent à nu le cadre social de la contamination, ses effets sur la vie des personnes atteintes et sur leur communauté. L'analyse des relations entre ce village et la capitale montre comment les villageois sont pris dans un piège qui s'est formé en ville : l'étude des conduites des touristes américains avec les milieux défavorisés d'Haïti suit le cheminement du sida vers Haïti. Les rapports inégaux entre la ville et la campagne conduisent ensuite le sida vers l'intérieur du pays. Un panorama précis de l'histoire des relations entre Haïti et les États-Unis reconstruit alors le cadre géographique et idéologique qui a conduit à représenter l'épidémie en renversant son sens.

Ainsi s'articulent la vie culturelle haïtienne, les inégalités économiques locales et internationales et les lignes de force de l'histoire : l'accusation ne vient pas d'une explication de la réalité mais d'une longue cascade de rapports inégalitaires. Le livre de Paul Farmer est le modèle d'une anthropologie interprétative appliquée aux problèmes de santé ; bien au-delà d'Haïti et du sida, sa démarche doit inspirer beaucoup de ceux qui affrontent des situations où santé, développement et politique sont inextricables.

 

Barney Cohen et James Trussell (éds) : Preventing and Mitigating AIDS in Sub-Saharan Africa. Research and Data Priorities for the Social and Behavioral Sciences, Washington D.C., National Academy Press, 1996, 355 p.

L'objectif de cet ouvrage est d'examiner les besoins en matière de recherche et de collecte de données afin d'améliorer les programmes existants et d'en étendre l'application. Besoins, également, en vue de mettre au point des stratégies efficaces destinées à prévenir la transmissions du VIH. Ce faisant, il reconnaît que, même si de telles stratégies existent demain, la maladie n'en restera pas moins un formidable fardeau à cause du nombre d'infections déjà contractées. C'est pourquoi ce rapport met aussi l'accent sur la recherche et la collecte de données qui pourraient venir à l'appui des efforts pour réduire l'impact de l'épidémie de sida.

Cet ouvrage constitue une revue de la littérature existante (essentiellement en anglais) et une synthèse des connaissances actuelles concernant l'épidémiologie du sida, le contexte social, le comportement sexuel, les stratégies de prévention et l'impact de l'épidémie. Il s'accompagne d'une bibliographie très complète.

 

Jonathan Mann et Daniel Tarantola (éds) : AIDS in the World II. Global dimensions, Social roots and Responses, New York/Oxford, Oxford University Press, 1996, 616 p.

Après AIDS in the World, publié en 1992, ce second ouvrage étend au monde entier des comparaisons internationales qui se limitaient auparavant à 38 pays. Les auteurs montrent que l'épidémie de sida s'est fragmentée de plus en plus au sein de la population mondiale. Ils présentent des données qui permetttent à la discussion de dépasser l'analyse actuelle de la vulnérabilité des nations et de communautés à l'égard d'une diffusion mondiale du VIH et d'engager une exploration détaillée de stratégies sociales qui ont permis à des individus d'éviter l'infection.
Les auteurs font une projection dans le futur. Ils tirent parti de leur compétence personnelle concernant les multiples dimensions du défi lancé par le VIH et ils s'appuient sur une analyse de la pandémie globale et des réponses qu'elle a reçues, ainsi que sur les leçons essentielles apportées par la première décade.
Ils expliquent également comment la variété des réactions à la pandémie a contribué à une prise de conscience plus poussée de notre vulnérabilité au VIH/Sida et ils proposent un cadre en vue de l'élargissement d'un effort de prévention global.

Destiné à répondre aux besoins d'information de tous les professionnels impliqués dans la recherche et l'action touchant le sida, ce volume est néanmoins accessible et écrit de façon claire, de sorte qu'il convient aussi parfaitement au lecteur non spécialisé.

 


A. Desclaux et Cl. Raynaut (éds) : Urgence, précarité et lutte contre le sida en Afrique, Paris, L'Harmattan, 1997, 167 p., (prix : 90 FF)

L'association privilégiée entre violence, désordre, urgence et sida n'est que très rarement envisagée dans une perspective d'intervention concrète. Traiter l'urgence et lutter contre le sida sont des problèmes souvent considérés comme inconciliables. Le présent ouvrage constitue une première amorce de réflexion sur le sujet. Plusieurs spécialistes internationaux, représentant un large éventail de disciplines, se sont efforcés de faire le point sur la question.

Les propositions de réponses qui ont été définies au cours de cet Atelier concernent la surveillance épidémiologique, la prévention, le dépistage et le conseil, le soutien économique et social et la prise en charge clinique. Elles sont complétées par une réflexion sur l'insertion de ces actions dans une démarche plus globale concernant le traitement de la vulnérabilité en situations de crise.